Pourquoi le verre à Kwak est-il en forme de sablier ?

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S’il y a bien un verre à bière dont on se souvient longtemps, c’est celui de la Kwak !

Conçu à la manière d’un sablier, ce verre pourrait être assimilé à un tube à essais de chimie, vous ne trouvez pas ?

Je me souviens encore de la première fois où j’ai vu ce verre. Je l’avais reçu en cadeau d’anniversaire pour mes 20 ans, bien sûr accompagné d’une Kwak. Cette forme si particulière et ce nom si étrange m’avait bien sûr intrigué. Je m’étais donc empressé de décapsuler la bouteille pour me délecter de ce breuvage. Bon, il faut bien l’admettre. Quand on goûte la Kwak pour la première fois, c’est avant tout pour l’esprit ludique : boire avec un verre pareil, c’est sportif ! Et c’est tout un art.

Mais avant de terminer ma petite anecdote, remontons le temps…

Face à l’empire, un brasseur contre-attaque !

Nous sommes à la fin du XVIIIème siècle. La révolution française fait rage en France. Les temps sont durs pour tout le monde. On voyage à dos de cheval, ou pour les plus riches, à bord de diligence (souvenez-vous Louis XVI et la fuite à Varennes…). Les trajets sont éreintants. C’est à cette époque, qu’en Flandres, un certain Pauwel Kwak, brasseur pour l’auberge Le Cor (De Hoorn) se met à produire une nouvelle bière pour les voyageurs, principale clientèle du relais où il travaille.

Appréciée des locaux comme des gens de passage, la réputation de De Hoorn ne fait que s’améliorer grâce à la bière de M. Kwak. L’affluence du relais s’accroît rapidement. Les voyageurs passant par le nord de la Belgique font de cette auberge une étape obligée. Les années passent et Pauwel Kwak continue de brasser sa bière.

De l’autre côté des Ardennes, la monarchie française a laissé la place à Napoléon Bonaparte, au consulat puis au Premier Empire. De nombreuses réformes sont appliquées, dont l’une d’entre elles (en apparence anecdotique) visant les diligences et plus particulièrement les cochers leur interdisant de mettre pied à terre lors des haltes. Sans doute pour éviter d’éventuels retards, une question de temps (et donc d’argent !) déjà à l’époque…

Quel rapport avec notre ami belge, me direz-vous ? À cette époque, la Flandre fait partie de l’empire français, cette loi est donc également de rigueur à l’auberge De Hoorn. Suite à cela, les cochers doivent donc rester sagement assis sur leur voiture. Plus de bière, plus de moment de répit.

« Quelle sottise ! »

C’est sûrement ce qu’a dû se dire Pauwel. Mais l’homme était malin. Il n’avait pas l’intention de braver la loi. Il allait la contourner et la mettre à l’envers à l’empire et à Napoléon lui-même !

Les cochers ne peuvent plus descendre ? Très bien. Pauwel réfléchit et se dit que si les pauvres hommes ne pouvaient plus aller se chercher une bière, il allait amener la bière aux cochers ! Avec de l’aide, il fait concevoir un verre étrange… en forme de sablier. Et grâce à un support en bois directement intégré aux diligences, il résout le problème législatif !

L’encoche du support permet de fixer ce verre à portée de main du cocher sans qu’il ait besoin de se lever. Mieux ! Les tumultes de la route, des pavés, de la chaussée (pas toujours parfaite à l’époque) ne sont pas un problème. La fixation permet au verre de subir tous les à-coups de la route sans en renverser une goutte.

Dès lors, la bière sera associée à ce verre si spécial.

De par ses origines, le surnom de bière du cocher prend tout son sens.

Boire une Kwak sans couac !

J’en reviens donc à mon histoire. La bière décapsulée, j’ai commencé à remplir mon verre à cocher comme tout bon néophyte le ferait : mal.
C’est la panique ! La mousse est montée, montée, montée ! Et fatalement, il a fallu éponger, essuyer. La tuile ! ^^

Bien sûr, il y a une technique pour servir toute bière.

Pour la Kwak, cette technique est tout simplement IN-DIS-PEN-SABLE !

Vous avez là un exemple parfait à ne pas reproduire ^^

Si vous espérez vider la bouteille en tenant le verre droit, vous pouvez attendre un moment.

Je vous conseille de mettre votre bière au réfrigérateur quelques heures car la Kwak se boit bien fraîche (aux alentours de 5°).

Pour réussir à verser la totalité de la bière du cocher dans son verre, c’est simple : d’abord, sortez le verre de son support en bois, ce n’est pas indispensable mais vous aurez une plus grande liberté de mouvement. Ensuite, penchez-le à environ 45°. Commencez à verser en tenant la bouteille horizontalement, l’extrémité du goulot à l’entrée du buvant (l’ouverture du verre) comme si vous vouliez faire entrer la bouteille dans le verre.

C’est là où c’est périlleux. La bière doit s’écouler de façon douce et constante le long de la paroi. Inutile d’aller vite, prenez votre temps, savourez le moment. Alors que vous auriez tendance à redresser le verre au bout d’un moment pour avoir un beau manteau de mousse, ici le goulot d’étranglement du verre va s’en charger tout seul. Au moment où le liquide va passer ce rétrécissement, ça va s’accélérer ! Pas de panique, si vous avez bien penché votre verre comme expliqué, il n’y aura pas de problème. Redressez à la toute fin, votre Kwak sera alors prête à être dégustée 😉

Hue cocher !

La Kwak est enfin servie. Ouf ! Mais après le piège du service, une seconde embuscade vous tend les bras, celle de la dégustation.

Vous pouvez savourer votre bière de cocher avec son support (en faisant attention) ou bien sans, à la manière des cochers de diligence, attrapant leur verre, assis en train de tenir les rênes d’une main. À vous de voir !

L’important, c’est de boire votre Kwak par petites gorgées lorsque le niveau arrive au rétrécissement du verre, sinon bonjour les éclaboussures.

À ce moment là, un bruit peut se produire par appel d’air provoquant un son que certains prononcent « kwak ! ». Le nom de la bière serait tiré de ce phénomène mais ce n’est qu’une légende (pauvre Pauwel Kwak) et personnellement, j’entends davantage un « ploc » ^^.

Prenez aussi le temps de découvrir cette bière ambrée entre deux gorgées : ses couleurs, sa mousse crémeuse et épaisse. Titrée à 8,4 degrés, on pourra découvrir en la goûtant des arômes fruités, forts de malt et d’épices, quelques notes de réglisse en fin de bouche et pour les plus fins palais, un goût de banane caramélisée (d’après les retours que j’ai lus sur le net, mais personnellement je ne sens pas la banane). Une légère amertume accompagnera la dégustation tout du long, adoucie par le sucre candi.

Note : quand on parle de malt, c’est cette céréale (orge, froment, seigle…) qui influe sur la couleur de la robe et sur son goût plus ou moins caramélisé (la Kwak est faite à partir de 3 malts différents).

Une, deux, trois… Kwak !

déclinaison verre kwak

Avoir un verre original ne suffisait pas à la Kwak. Outre le sablier traditionnel, on peut aussi le trouver en format 75cl (la taille peut effrayer mais je serai curieux de boire là-dedans !), double ou même quadruple ! Et oui, la bière se boit entre amis ; plus on est de fous, plus on rit.

Malheureusement, ce support n’a pas toujours fait parler de lui en bien.

Une autre bière, la Corne du Bois des Pendus, a été créée pour être bue dans un verre en forme de corne tenu par un support en bois et une lanière de cuir. Une ressemblance dans le style qui a conduit à un procès mené par la brasserie Bosteels (Kwak) pour plagiat. Sans succès.

La Corne est une bière plutôt savoureuse. J’ai eu la chance de la tester lors d’un séjour à Bruxelles, avec son fameux verre ! Pour vous en parler, je laisse la parole à TheBeerLantern.

Voilà !

Vous savez tout sur la Kwak et son fameux verre, il ne vous reste plus qu’une chose à faire…

Jouer au cocher 😉

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